Les familles des vétérans : se soucier de ceux pour qui ça compte

Ottawa (Ontario) - Le 16 août 2016


  • Comme l’impact de la maladie ou de la blessure d’un vétéran est ressenti par toute la famille, la famille doit être soutenue elle aussi.
  • Anciens Combattants Canada (ACC) offre du soutien aux familles, et je l’encourage à mieux faire connaître le Service d’aide d’ACC auprès de ceux et celles qui ont besoin de soutien.
  • J’incite également ACC à combler deux lacunes en fournissant des avantages pour soins de santé mentale aux familles à part entière et en envisageant la création d’une prestation pour les dispensateurs de soins dits « naturels » qui prennent soin de vétérans.
  • Vous avez des opinions sur les ressources dont ont besoin les familles? Transmettez-les directement à ACC grâce à leur outil de consultation en ligne.

Je dis souvent que le bien-être d’un vétéran est inextricablement lié au bien-être de sa famille. Lorsqu’un militaire sert dans les forces armées, toute sa famille sert également. De même, l’impact de la maladie ou de la blessure d’un vétéran est ressenti par toute la famille.

Dans le cadre du travail du Bureau de l’ombudsman des vétérans (BOV) en matière de transition, nous consultons des vétérans et les membres de leur famille afin de mieux comprendre leurs difficultés et leurs besoins. Nous avons récemment publié un examen sur le rôle des familles et les défis qu’elles doivent relever pendant la période de transition. Nous avons par la suite tenu une séance de clavardage sur Twitter à l’intention des familles en transition. Lors de cette séance, les participants nous ont dit ce qui fonctionne pour eux et ce dont ils ont besoin.

Nous savons que les membres de la famille d’un vétéran malade ou blessé agissent souvent comme dispensateurs de soins « naturels » auprès de ce dernier. Selon des recherches, prendre soin d’un vétéran gravement blessé peut avoir des répercussions sur la santé physique et émotionnelle des membres de la famille, et ces derniers peuvent avoir besoin de plus de soutien en raison des soins qu’ils prodiguent. Il est essentiel de reconnaître le rôle important que jouent ces dispensateurs de soins « naturels » et de les indemniser de façon juste pour le soutien qu’ils offrent aux vétérans.

Selon des recherches :

  • Les dispensateurs de soins « naturels » des vétérans de l’ère moderne ont tendance à être plus jeunes et à avoir un emploi, et ils ont très probablement des enfants, mais ils peuvent également être des enfants adultes, des parents, d’autres membres de la famille ou même des personnes non apparentées[i].
  • Les dispensateurs de soins soutiennent les vétérans les plus gravement malades et blessés. Ils les aident par exemple à accomplir les tâches quotidiennes telles que la toilette ou encore la gestion des médicaments. Mais ils font souvent bien plus que ça : ils peuvent coordonner et organiser les soins, représenter les vétérans au besoin, coordonner les tâches ménagères et aider les vétérans à gérer des situations stressantes ou des difficultés émotionnelles et comportementales[ii].
  • La présence d’un dispensateur de soins « naturel » peut améliorer le bien-être et accélérer le rétablissement d’un vétéran, et, dans le cas d’un vétéran handicapé, réduire les coûts des soins de santé en lui permettant d’avoir des soins à domicile ou de vivre de façon autonome au sein de la collectivité[iii].
  • Les dispensateurs de soins ont en général des liens familiaux tendus,  sont susceptibles d’avoir un état de santé inférieur, et d’avoir  plus de problèmes au travail que les non-aidants, de même qu’un fardeau accru, des niveaux de détresse et de stress supérieurs, davantage de problèmes de santé physique et mentale (comme l’anxiété et la dépression) et des niveaux inférieurs de satisfaction à l’égard de la vie[iv].

Dans notre examen du soutien aux familles militaires en transition, nous avons dressé une liste exhaustive des programmes offerts aux familles.  L’examen a révélé que les familles reçoivent considérablement plus de soutien qu’auparavant, mais que le soutien offert aux familles comporte encore plusieurs lacunes, dont un manque de communication concernant les services offerts; un manque de sensibilisation – surtout auprès des familles en situation de crise; une pénurie d’avantages médicaux pour les membres de la famille à part entière; une indemnisation insuffisante pour les dispensateurs de soins et un manque d’accès à un régime de soins dentaires.

Récemment, ACC a apporté des améliorations au soutien qu’il offre aux familles, notamment :

  • Un projet pilote qui a vu les services de certains centres de ressources pour les familles des militaires étendus aux vétérans libérés pour des raisons médicales et à leur famille jusqu’à deux ans suivant la libération;
  • L’augmentation du nombre de séances de soutien et de counseling offertes par l’entremise du Service d’aide d’ACC (il est passé de 6 à 20 par année en décembre 2014);
  • La conception, en collaboration avec l’Hôpital Royal Ottawa, d’un outil Web à l’intention des dispensateurs de soins et des familles de vétérans vivant avec un traumatisme lié au stress opérationnel (TSO); et
  • L’annonce d’un contrat visant à donner des séances d’éducation en ligne aux dispensateurs de soins, à compter de 2017.

Ces améliorations sont un pas dans la bonne voie, et nous continuerons de surveiller les progrès d’ACC. Cela dit, il y a urgence à offrir un meilleur soutien aux familles vulnérables. À mon avis, les deux améliorations qui auraient le plus d’impact sont les suivantes :

  1. L’amélioration des avantages pour soins de santé mentale aux familles à part entière;
  2. La création d’une prestation moderne pour les dispensateurs de soins « naturel »

Avantages pour soins de santé mentale

Lorsqu’un membre de la famille souffre d’une maladie ou d’une blessure qui est liée aux conditions et aux défis uniques du service militaire, nous avons la responsabilité de lui offrir l’aide dont il a besoin. Par exemple, dans les cas exceptionnels où l’enfant d’un vétéran souffre d’anxiété clinique ou d’un État de stress post-traumatique  indirect en raison des difficultés éprouvées par le vétéran, l’enfant devrait être en mesure d’obtenir de l’aide de plein droit. Son admissibilité aux services devrait être fondée sur son besoin et non sur les besoins ou les difficultés du vétéran.

Le Service d’aide d’ACC est la principale source de soutien pour les familles à part entière. Il leur offre des services de counseling et d’aiguillage gratuits. Les personnes qui se prévalent du Service d’aide ont droit jusqu’à 20 séances de counseling avec un professionnel. Il s’agit d’un service précieux et, d’après les données en matière d’aiguillage, les clients sont satisfaits du service qu’ils reçoivent. Par contre, la faiblesse du taux d’utilisation (0,38 %) est étonnante. Lors de mes activités de sensibilisation, j’ai souvent rencontré des vétérans et des membres de la famille de vétérans qui n’étaient pas au courant de ce programme. J’encourage donc ACC à mieux faire connaître le programme afin qu’un nombre accru de vétérans et les membres de leur famille puissent en profiter.

Toutefois, le Service d’aide d’ACC ne fournit pas de services de diagnostic ou de traitement. Des recherches ont révélé que les familles et les vétérans bénéficient de soins de santé mentale de plein droit et qu’ils devraient y avoir accès de plein droit. ACC offre des services de diagnostic et de traitement par l’entremise des cliniques pour TSO situées partout au pays. Ces services, cependant, ne sont offerts aux membres de la famille que s’ils sont liés aux besoins du vétéran. À mon avis, les membres de la famille bénéficieraient d’un accès de plein droit aux services de diagnostic et de traitement.

Allocation pour dispensateurs de soins

En 2015, ACC a reconnu que les dispensateurs de soins « naturels » apportent une contribution importante à la santé et au bien-être des vétérans malades et blessés. Le Ministère a créé un nouvel avantage, appelé « allocation pour relève d’un aidant familial », pour s’assurer que le vétéran reçoit le soutien dont il a besoin pendant que son dispensateur de soins profite d’un repos bien mérité. Cet avantage ne reconnaît ni n’indemnise le dispensateur lui-même pour les efforts déployés pour s’occuper du vétéran.

Plusieurs de nos alliés, y compris les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, offrent déjà une indemnisation aux dispensateurs. Par exemple, les États-Unis ont créé un programme visant expressément les dispensateurs de soins des vétérans. Ce programme prévoit une allocation mensuelle ainsi que de la formation et d’autres services de soutien pour les dispensateurs de soins de vétérans libérés après le 11 septembre 2001.

Les programmes antérieurs et actuels d’ACC, notamment l’allocation pour soins, le Programme pour l’autonomie des anciens combattants et l’allocation pour relève d’un aidant familial, ainsi que la prestation pour soins auxiliaires des Forces armées canadiennes (FAC), ont tous été utilisés pour reconnaître la prestation de soins, mais ils n’indemnisent pas directement le dispensateur pour les efforts déployés (voir le tableau). C’est pourquoi je ne cesse de recommander qu’une nouvelle prestation soit créée pour reconnaître et indemniser directement les dispensateurs pour les soins qu’ils prodiguent aux vétérans.

Cette nouvelle prestation devrait avoir pour but de reconnaître les dispensateurs de soins « naturels » et de les indemniser pour la responsabilité et la charge de travail accrues qu’ils doivent assumer pour s’occuper d’un vétéran malade ou blessé. Voici quelques-uns des principaux aspects que devrait comporter la prestation :

  • Prestation fondée sur les besoins (c’est-à-dire le niveau de soins requis et le niveau de soins reçus actuellement);
  • Indemnisation fondée sur les divers niveaux de soutien susceptibles d’être requis et qui pourraient changer au fil du temps;
  • Admissibilité tenant compte du soutien unique requis pour des besoins en santé mentale ainsi que du rôle de représentant/coordonnateur que les dispensateurs de soins « naturels »sont souvent appelés à jouer;
  • Formation correspondant au niveau de soins requis.

ACC a pris des mesures pour mieux soutenir les familles, et nous l’encourageons à évaluer de manière rigoureuse l’utilisation et l’efficacité de ces programmes, y compris l’accès élargi aux Centres de ressources pour les familles des militaires, l’augmentation du nombre de séances offertes par le Service d’aide d’ACC et les outils Web destinés aux dispensateurs. Mon bureau continuera de suivre ces initiatives.

Il reste du travail à faire :

  •  Accès de plein droit aux soins de santé mentale

  •  Prestation pour les dispensateurs de soins « naturels »

Cependant, il reste encore du travail à faire. Il s’agit donc pour nous d’une occasion d’influencer les décideurs et de nous faire entendre. J’incite le Ministère à :

  • offrir aux familles un accès de plein droit aux soins de santé mentale;
  • créer une forme de prestation pour les dispensateurs de soins qui s’occupent de vétérans malades et blessés.

Vous avez des opinions sur les avantages destinés aux membres de la famille à part entière et sur l’indemnisation des dispensateurs de soins ? Je vous encourage à les transmettre à ACC grâce à son outil de consultation en ligne.

Avantages offerts actuellement aux vétérans ayant besoin de soins supplémentaires à domicile

Avantage

Description

Lacunes

Allocation pour soins (Loi sur les pensions)

Allocation mensuelle versée à un vétéran qui :

  1. touche une pension d’invalidité;
  2. est atteint d’une incapacité totale; et
  3. a besoin de soins. Le montant varie de 274,65 $ à 1 716,01 $, selon le niveau de soins requis.
  • L’évaluation des besoins est axée sur les limitations physiques et non sur les besoins en santé mentale (p. ex. de l’aide pour composer avec des situations stressantes) et/ou les besoins à court terme (p. ex. risque de suicide).

Allocation pour relève d’un aidant familial

(Nouvelle Charte des anciens combattants)

Subvention forfaitaire non imposable de 7 332,09 $ par année versée aux vétérans admissibles pour accorder un répit aux dispensateurs de soins tout en s’assurant que les vétérans continuent à recevoir les soins dont ils ont besoin pendant l’absence du dispensateur.

  • L’allocation comble une lacune importante – les aidants naturels ont besoin de répit.
  • L’allocation est destinée aux vétérans – elle n’indemnise pas l’aidant pour le travail supplémentaire qu’il doit faire continuellement pour s’occuper d’un vétéran malade ou blessé.

Programme pour l’autonomie des anciens combattants (RSSAC)

Programme aidant les vétérans à demeurer autonomes à domicile et dans leur collectivité. Selon leurs besoins, ils peuvent être admissibles à des services d’entretien du terrain, à des services d’entretien ménager, à des soins personnels, etc.

  • Un vétéran risque de perdre une partie de sa subvention si un dispensateur de soins « naturel » s’occupe de tâches pour lesquelles le vétéran reçoit la subvention.
  • Plutôt que de rendre les vétérans non-admissibles, ce programme pourrait compléter la prestation proposée pour les dispensateurs de soins.

Prestation pour soins auxiliaires (avantage des FAC)

Prestation des FAC versée dispensateurs de soins s’occupant d’un membre des FAC à plein temps. Les dispensateurs de soins admissibles ont droit à un maximum de 100 $ par jour pendant 365 jours, tout au plus.

  • Les critères d’admissibilité sont très restrictifs; peu de personnes reçoivent cette prestation.
  • Un aidant ne peut recevoir la prestation que pendant un maximum de 365 jours.
  • Les aidants n’ont pas accès à la prestation s’ils ne s’occupent pas d’un membre des FAC à plein temps.

 

 

[i] « Is Policy Well-Targeted to Remedy Financial Strain among Caregivers to Severely Injured U.S. Service Members? », Inquiry, vol. 49, no 4 (hiver 2012-2013), p. 339-351; Hidden Heroes: America’s Military Caregivers, Rand Corporation, 2014.

[ii] Directives pancanadiennes en faveur d’un système de prestation de services pour les proches aidants d’adultes ayant une maladie mentale, Commission de la santé mentale du Canada, 2013; « Is Policy Well-Targeted to Remedy Financial Strain among Caregivers to Severely Injured U.S. Service Members? », Inquiry, vol. 49, no 4 (hiver 2012-2013), p. 339-351; Hidden Heroes: America’s Military Caregivers, Rand Corporation, 2014.

[iii] A Canadian Caregiver Strategy, Coalition canadienne des aidantes et aidants naturels, 2013; Directives pancanadiennes en faveur d’un système de prestation de services pour les proches aidants d’adultes ayant une maladie mentale, Commission de la santé mentale du Canada, 2013; Military Caregivers: Cornerstones of Support for Our Nation’s Wounded, Ill and Injured Veterans, Rand Corporation, 2013.

[iv] A Canadian Caregiver Strategy, Coalition canadienne des aidantes et aidants naturels, 2013; Directives pancanadiennes en faveur d’un système de prestation de services pour les proches aidants d’adultes ayant une maladie mentale, Commission de la santé mentale du Canada, 2013; Hidden Heroes: America’s Military Caregivers, Rand Corporation, 2014.

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Commentaires

Brenda said:

I personally am appalled at the treatment veterans and their families receive! My husband is disabled due to injuries and ptsd and requires MRIs every six months but VAC neglects to tell you that you have to pay first and then get reimbursed! That's fine, but how many of us have an extra 3000.00 floating around for that?!? Never mind the wait for appointments, reimbursements or anything else that frustrates everyone or causes hardships (whether its financial or emotional) and the extra stress of dealing with the PTSD and injuries on a daily basis! These men and women get these injuries doing their job for their country and once they are deemed useless to the military are given their walking papers then they have to fight and claw for everything they are suppose to be entitled to! It's ridiculous!

17 août 2016 6:06 PM

Anonymous said:

I see frequent posts related to veteran affairs. I do not see anything against the CF medical System. The main reason why claims do not go through is our atrocious medical records and budget based health care. I myself am done messing around and will be going to the United States to get MRI's to prove my conditions because my doctor wont send me. In addition the cf 98 injury report process need to be independent and direct. It takes 9 months if you ever see it again. Just my two cents.

16 août 2016 9:59 PM

Matt said:

I was talking to a veteran yesterday who was in extreme distress as VAC said she owes $127,000 due to her getting SISIP LTD retroactively. SISIP LTD is NOT Compensation for injury, loss or death. It is non-indemnity & contributory insurance. As such, it is not deductible from DAMAGES (Sarvanis SCC 2002, by inferered fact as CPPD is also NON-INDEMNITY & Contributory & cannot be deducted from damages). That is the reason the Pension Act pension did not clawback SISIP LTD. On paper, it apears as if Manulife is being given a break as the Pension Act pension did not clawback SISIP & SISIP was allowed to clawback the pension! Talk about ABSURD! No one can offset or claback SISIP/CF pension/CPP as they are all NON-INDEMNITY & CONTRIBUTORY (Sulz BCCA 2006).

16 août 2016 3:33 PM