Le 23 juin 2016 - Ottawa (Ontario)
Les soins de longue durée (SLD) sont un sujet récurrent dans les médias ces jours-ci. Souvent, ces articles génèrent beaucoup d’émotions chez le lecteur, et c’est à juste titre, car ils abordent les besoins requis en fin de vie par les vétérans âgés. Sans rentrer dans les détails de cas particuliers qui constituent de réels enjeux actuels, ces cas mettent tout de même en évidence le problème systémique lié aux soins qui seront requis au cours des prochaines décennies par les vétérans vieillissants des Forces armées canadiennes (FAC). Comment pouvons-nous nous préparer pour l’avenir afin de bien répondre aux besoins changeants de nos vétérans de l’ère moderne ?
Les programmes de SLD actuels ont été développés après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’existait à l’époque aucun système de soins de santé financé par le gouvernement. Les besoins de la population des vétérans des FAC sont différents de ceux de la population des vétérans de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre de Corée qui ont servi au 20e siècle. D’après les estimations d’ACC, en 2016, 702 vétérans des FAC reçoivent des soins de longue durée par l’intermédiaire d’ACC, et ce nombre augmente constamment. Cela représente une augmentation de 64 pour cent par rapport à 2012.
En 2014, mon bureau a publié le document intitulé Besoins des vétérans en matière de soins de longue durée : Un examen des options d'aide à la vie autonome pour les vétérans. Le programme de SLD et le programme pour l’autonomie des anciens combattants (PAAC) se concentrent sur des besoins spécifiques pour les vétérans en matière de soins médicaux. Cependant, les lacunes de ces programmes se font ressentir lorsqu’il n’est plus conseillé médicalement ou qu’il n’est plus sécuritaire pour un vétéran de demeurer chez lui, et ceci à cause d’un état de santé fragile ou de besoins de soins de santé de plus en plus exigeants. Toutefois, il est à noter que de nombreux vétérans vieillissants ne sont pas malades ou invalides au point qu’ils doivent être pris en charge au sein d’un établissement de soins de longue durée, mais il est vrai que leurs besoins actuels ne sont pas forcément satisfaits de façon adéquate.
Je pense que dans le cadre de l’examen général des avantages d’ACC actuellement en cours, ACC doit examiner avec beaucoup d’attention tous les soutiens fournis aux vétérans vieillissants afin de déterminer s’ils répondent vraiment aux besoins de ces derniers. Une stratégie pour assurer le continuum des soins de santé et basée sur des données probantes doit être élaborée, afin de traiter l’ensemble des besoins en matière de santé alors que nos vétérans de l’ère moderne vieillissent. Cette stratégie devrait prendre en compte des programmes qui fournissent du soutien et des options aux vétérans viellissants et à leur famille. En plus des programmes actuels tels que ceux de SLD et le PAAC, je suggérerais à ACC l’ajout d’une option d’aide à la vie autonome ainsi que d’une prestation pour les dispensateurs de soins. Cette prestation fournirait une rémunération complète et de la formation aux conjoints qui ont mis de côté leur vie, leur carrière et leur revenu, afin de prendre soin d’un militaire blessé ou malade. Ces deux mesures répondraient peut-être mieux aux besoins des vétérans en matière de santé.
Une stratégie cohérente doit être établie pour s’assurer qu’ACC répond aux besoins de tous les vétérans des FAC. Sans cela, le caractère adéquat des soutiens fournis à une population de vétérans vieillissante et vulnérable sera toujours remis en question. J’espère qu’ACC profitera de cette occasion pour élaborer une stratégie d’avenir pour les vétérans du Canada et leur famille.
Guy Parent